C’est un véritable chef-d’œuvre de l’âge d’or automobile qui est enfin gravé dans le marbre.Car le département historique Maserati Classiche vient de franchir une étape majeure. Ainsi, la division officielle de la marque au Trident a décerné sa prestigieuse Certification d’Authenticité au tout premier exemplaire de la Maserati 5000 GT habillé par le maître carrossier Pietro Frua.
Porteur du châssis numéroté *103*064*, ce joyau mécanique incarne l’apogée du Grand Tourisme transalpin. Il s’impose aujourd’hui comme le modèle le plus emblématique à recevoir cette distinction d’exception.
Une genèse royale née d’un caprice de monarque
L’histoire de la 5000 GT ne ressemble à aucune autre. Tout débute à la fin des années 1950 sous l’impulsion directe du Shah d’Iran. Grand amateur de belles mécaniques et déjà propriétaire d’une Maserati 3500 GT, le souverain exprime un souhait inédit auprès du constructeur de Modène. Il exige une création encore plus exclusive, plus puissante et plus raffinée. Un véhicule digne de son rang.
Le défi est confié à l’ingénieur Giulio Alfieri, alors directeur technique et figure légendaire de la marque. Le projet AM103 est immédiatement lancé. L’objectif d’Alfieri est particulièrement audacieux. Il souhaite transposer la technologie pure de la course automobile dans un véhicule de série luxueux.
Pour y parvenir, le sorcier de Modène prend une décision radicale. Il extrait le bloc moteur V8 de 5,0 litres directement issu de la redoutable Maserati 450S de compétition. Adaptée pour la route avec une alimentation par carburateurs, la mécanique développe plus de 350 chevaux. En outre, cette puissance colossale pour l’époque transforme l’automobile en reine absolue de la route. La 5000 GT devient instantanément la voiture la plus rapide et la plus exclusive de sa génération.
Pietro Frua et la haute couture italienne
Seulement 34 exemplaires de la Maserati 5000 GT sortiront des ateliers de Modène entre 1959 et 1964. La firme italienne choisit de fournir des châssis nus aux plus grands carrossiers de la péninsule. Touring, Allemano, Pininfarina, Monterosa et Ghia façonnent chacun leur vision du modèle.
Pietro Frua signe en 1962 une interprétation d’un raffinement absolu. Par ailleurs, seules trois unités sortiront de ses ateliers, renforçant le caractère rarissime de son travail. La toute première d’entre elles, le châssis *103*064*, se distingue immédiatement par une prestance unique :
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Livrée extérieure : une teinte exclusive baptisée « Luci di Mezzanotte » évoquant la profondeur des nuits d’été.
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Habitacle : un garnissage en cuir « Camoscio » travaillé selon les meilleures traditions de la maroquinerie italienne.
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Silhouette : une ligne de caisse abaissée, des surfaces vitrées généreuses et un travail méticuleux sur les éléments chromés.
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Signature : le célèbre Trident subtilement incrusté dans le renfoncement surplombant la calandre.
Présentée en avant-première au Salon international de l’automobile de Genève en 1963, la création de Frua fait sensation. Aussi, elle séduit immédiatement le prince Karim Aga Khan IV. Captivé par l’élégance du dessin, le leader spirituel passe commande sur-le-champ pour son propre exemplaire.
Une odyssée rocambolesque digne d’un roman d’espionnage
Au-delà de ses lignes sculpturales, le châssis *103*064* s’illustre par une trajectoire historique à couper le souffle. La réalité dépasse bien souvent la fiction pour cette GT d’exception.
En 1966, la voiture retourne à l’usine de Modène. Elle est entièrement révisée puis repeinte dans une splendide teinte « Rosso Rubino Chiaro » à la demande d’un nouvel acquéreur : le prince saoudien Magid Ben Saoud. Ce dernier décide de l’offrir à son père, le roi Saud bin Abdulaziz Al Saud.
L’histoire bascule en 1967. Dans le contexte tendu de la guerre des Six Jours, le souverain quitte l’Égypte et les autorités locales saisissent le véhicule au Caire. Remisée dans un entrepôt douanier, la GT s’évapore complètement des radars de l’automobile de collection.
Néanmoins, elle ne refait surface qu’en l’an 2000, après plus de trente années d’un sommeil profond. À la stupéfaction générale des experts, le véhicule ressort de sa réserve dans un état de conservation stupéfiant. De plus, son compteur kilométrique n’affiche que 12 700 kilomètres d’origine, témoignage préservé de son passé.
Acquise par un collectionneur américain passionné, la voiture est rapatriée à Modène pour subir une restauration intégrale durant quatre années. En 2004, le châssis *103*064* effectue un retour triomphal en public lors du prestigieux Concorso d’Eleganza de Villa d’Este, décrochant les plus hautes distinctions.
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Maserati Classiche : le gardien du temple de Modène
La labellisation du châssis *103*064* consacre la démarche de préservation portée par Maserati Classiche. Intégrée au programme BOTTEGAFUORISERIE, cette division spéciale préserve le patrimoine historique et la culture automobile du constructeur.
La Certification d’Authenticité repose sur un protocole d’expertise rigoureux. Un comité spécialisé analyse l’ensemble des composants techniques de l’automobile, vérifie la traçabilité des pièces et confronte chaque détail aux archives d’époque et aux registres de production.
D’autre part, cette démarche garantit aux collectionneurs une valeur patrimoniale inestimable. En certifiant la toute première 5000 GT Frua, Maserati ne se contente pas d’honorer son passé. Le constructeur réaffirme la continuité de son savoir-faire d’artisan, rappelant que l’élégance et la performance pure restent inscrites dans les gènes du Trident.
From the commanding V8-powered Shamal to the debut of the breathtaking 3200 GT, the 1990s marked a glorious return to the Trident’s Grand Touring roots.
A decade of rediscovery that set the stage for a new chapter.
#Maserati #100YearsOfTheTrident https://t.co/KFXGAXTm5B— Maserati (@Maserati_HQ) October 1, 2026
Article publié le 11/10/2026 à 5h45




