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Motor Passion Avignon 2026 : pleins phares sur les constructeurs Français !

La 22eme édition du Motor Passion a tenu toutes ses promesses : 2 000 véhicules exposés, 400 participants et 34 000 visiteurs présents dans les allées des douze halls d’exposition et sur les espaces extérieurs.

La rédaction vous propose un tour d’horizon (non exhaustif !) des modèles des constructeurs Français présentés lors de l’édition 2026 du salon Vauclusien.

Citroën : Prestige, originalité, sportivité et grands classiques

Le constructeur Français était (très) bien représenté sur l’édition 2026 du Motor Passion. Les clubs, associations et partenaires de la marque aux chevrons se sont mobilisés pour exposer des modèles rarement présentés.

Le Palais de l’Elysée a sorti de sa collection privée l’un de ses deux exemplaires de la SM « Présidentielle ». C’est le President Georges Pompidou, qui au début de son mandat, exprima le souhait de disposer d’un cabriolet de prestige pour les « grandes occasions » et en capacité de représenter le savoir-faire de l’industrie automobile Française de l’époque. Citroën dispose, depuis 1970, de l’élégant et luxueux, SM coupé, propulsé par un V6 Maserati (Marque, à cette époque, propriété de Citroën) et symbole du haut de gamme à la française dans les années 70.

L’Élysée établit un cahier des charges qui est transmis au bureau d’études du constructeur du Quai de Javel qui, rapidement, se tourne vers le carrossier Henri Chapron, seul à même de mener ce projet à bien et qui a déjà réalisé le cabriolet « SM Mylord », dévoilé au salon de Paris 1971, une version sublime, luxueusement fini et produite à huit exemplaires (Une autre version de SM est également présentée au salon 1971. Il s’agit d’un modèle crée par le carrossier Henri Heuliez, la « SM Espace », un coupé au toit équipé de lamelles rétractables).

Henri Chapron poursuit ses créations et propose la « SM Opéra » (1972), une berline à empattement allongé (Également produite à huit unités) … La « SM Présidentielle » sera, finalement, un compromis entre la « Mylord » et l’« Opéra ».

Trois exemplaires de la « SM Présidentielle » seront produits, dont deux livrés directement à l’Elysée. Ils seront utilisés sous les présidences de G. Pompidou, V. Giscard d’Estaing, F. Mitterrand et J. Chirac.

Les deux SM Présidentielles livrées au palais de l’Elysee sont immatriculées

« 2 PR 75 » et « 3 PR 75 » (Modèle exposé)

 

L’Amicale Citroën & DS qui regroupe tous les clubs des deux marques présentée sur son stand un exemplaire de la « Bijou » étonnant coupé 2+2 construit sur une base de 2cv produit entre 1959 et 1964 dans l’usine de Slough en Angleterre.

La 2cv, produite localement pour le marché Anglais, ne rencontre pas le succès escompté et à du mal à s’imposer face aux roadsters et petites berlines Britanniques. Citroën Angleterre décide donc, pour écouler son stock de châssis et ensembles mécaniques, de développer un modèle aux lignes plus fluides répondant mieux aux attentes du marché. Le Designer Peter Kirwan Taylor(*) est chargé de dessiner ce nouveau modèle et s’inspire des lignes de la DS pour créer la carrosserie d’un coupé réalisée en polyester et fibre de verre.

La « Bijou » est présentée au Salon de l’automobile de Londres en 1959. Une production en série des carrosseries en polyester et fibre plus complexe que prévue et un succès commercial décevant mettront, prématurément, fin la carrière de ce modèle pour le moins original.

Coupé aux lignes inspirées par la DS dont elle reprend le volant et les poignées de portes, la « Bijou » restera confidentielle. 207 exemplaires seront fabriqués et vendus entre 1959 à 1964 … Il ne reste, aujourd’hui, que quelques rares exemplaires (2 exemplaires recensés en France).

 

Autre originalité, les DS « plateau » (Porte-voitures) conçues et réalisées par le carrossier Pierre Tissier. En 1972, Pierre Tissier conçoit, pour son propre usage, un porte voiture sur une base de DS au double ou triple essieux arrière bénéficiant de la suspension hydraulique. C’est le début d’une aventure industrielle atypique.

Très rapidement, le concept séduit les sociétés de messagerie intéressées par la capacité de transport rapide de journaux à travers l’Europe et sera décliné (Sur des plateformes de DS, SM et CX) sous d’autres formes : Voitures travelling pour le cinéma, Ambulances, Bagagères, « Panthouse » (van aménagé), Mini-bus (14 places) et même Porte-hélicoptères !

Citroën DS Tissier triple essieu (1976) … 36 exemplaires construits

 

Maurice Emile Pezous (MEP) ingénieur, passionné d’automobile, et concessionnaire Citroën à Albi, se lance en 1952 dans la conception et la construction d’un coupé sportif la Daphné 7 – 170 SL. En 1955, un accord entre M-E Pezous et Citroën prévoit l’implantation sur le site d’Albi d’un atelier de production … Ce projet n’aboutira pas et seuls 7 exemplaires de la Daphné seront construits.

Dix ans plus tard, M-E Pezous conçoit une monoplace, la MEP X1, avec une carrosserie aluminium et une base mécanique d’Ami 6 améliorée. Son ami, et pilote, Maurice Trintignant juge le châssis très bon, mais pas le moteur.

Un accord avec Citroën permet à M-E Pezous d’adapter sur le châssis de la X1 un moteur bi-cylindre de Panhard CT 24 couplé à une boite de vitesses d’AMI 6 modifiée … Citroën et le pétrolier BP contribuent au financement de la construction de 20 MEP et une première course est organisée le 24 septembre 1967 à Albi. Le succès rencontré par la MEP X2 pousse la FFSA à officialiser, en 1969 avec cette monoplace, le critérium d’initiation « Formule bleue » (17 courses sur circuit et 17 courses de côte).

Après les X2, M-E. Pezous se lance dans la fabrication de deux MEP à moteur 4 cylindres en ligne NSU (Neckarsulm Strickmaschinen Union). Citroën refuse et propose d’utiliser le moteur de la GS sa berline moyenne gamme (un 4 cylindres à plat, dont la puissance est portée à 75cv !) : la MEP X27 est née ; 82 exemplaires seront produits, utilisés en courses et contribueront à la formation de nombreux pilotes. Aujourd’hui encore, l’Association MEP Monoplace Albigeoise (AMMA) aligne, régulièrement, des voitures lors de courses de véhicules anciens.

La MEP X27 à moteur Citroën GS

(Note du Rédacteur : Je garde un excellent souvenir de mes 1ers roulages en MEP)

En 1981, Citroën décide de s’engager dans un programme sportif. La validation en rallye de la Visa Groupe B, passe, en 1982, par la production d’une série limitée de 200 exemplaires : La Visa « Trophée ». La marque aux chevrons, dont la gamme Visa II rencontre un franc succès commercial en France et en Europe, capitalise sur cette dynamique sportive et ajoute à sa gamme une série spéciale : La Visa II Chrono (Production limitée à la France : 1 000 exemplaires en 82 et 1 500 en 83).

Visas II Chrono, une version sur vitaminée : Moteur 1360 cm3 avec 2 carburateurs double corps Weber, Puissance 93 ch à 5800 tr/min, Vitesse maxi : 173 km/h … Tableau de bord spécifique à six cadrans ronds, Volant sport trois branches, Sièges baquet, Becquet arrière, Couleur unique blanche avec déco bleu et rouge, … Ambiance rallye assurée !

 

Les « Citroënistes » étaient nombreux au Parc des Expositions …

Alpine … Les sportives Françaises

Au début d’une saison de F1 ou « Alpine Formula One Team » motorise ses monoplaces avec des groupes propulseurs signés Mercedes ; quelques semaines après qu’« Alpine Cars » ait annoncé son retrait du championnat du monde d’Endurance (WEC) au terme de la saison 2026 ; et a quelques semaines de l’arrêt de la production de l’ensemble de la gamme A110 « thermique ». La Berlinette (Alpine A110 Production 1962 – 1977) incarne l’héritage et l’innovation d’une marque qui a su allier tradition et modernité, captive les passionnés de voitures sportives et s’inscrit encore un peu plus dans l’Histoire de l’industrie automobile Française.

L’Amicale A310 4 Cylindres revenait sur les 55 ans, presque jour pour jour, de la présentation, en 1ere mondiale au salon de Genève 1971, de la A310 4 cylindres.

Le 13 juillet 1976, la dernière A310 4 Cylindres (Une 1600 VG équipée du moteur de R16 TX ) tombée de chaine. C’est cette version que l’Amicale a choisi de mettre à l’honneur avec une décoration « Joustra » (JOUets de STRAsbourg) rappelant celle des voitures téléguidées manufacturées dans les années 1970.

La passion et le talent des « amicalistes » sont sans limite. La preuve cette magnifique réalisation d’une A310 à l’échelle ½ (Chassis tubulaire, carrosserie en résine, moteur thermique, boite 2 rapports et marche arrière, …). Concentré d’ingéniosité et de savoir-faire. Un résultat très réaliste suscitant l’intérêt des grands et des petits !

Matra … De la compétition à la ville

Dérivée du prototype MS1, La MS5 est la dernière Formule 3 conçue, développée et fabriquée par Matra et engagée en compétition entre 1965 et 1969. Conçue autour d’un châssis adaptable pouvant recevoir plusieurs types de motorisations, La MS5 a été engagée en F3, F2 et même en F1 !

Seule la motorisation (et le nom) change en même temps que la catégorie : Les MS5 participent en 1966 au championnat de F3 avec un moteur Ford-Cosworth. Les versions engagées en F2 sont baptisées MS6 et dotées de moteurs Cosworth SCA ou BRM.

La MS5 va s’illustrer dans les championnats nationaux : Jean-Pierre Beltoise remporte le Championnat de France de F3 1965 devant son coéquipier Jean-Pierre Jaussaud. Parallèlement, Jean-Luc Lagardère (Directeur Général de Matra) conclu un accord avec Ken Tyrrell, patron de l’écurie Britannique du même nom, afin de participer au Championnat d’Europe de F2. Tyrrell s’engage, entre 1966 et 1969, en F2 sous le nom de « Matra International ». Les MS5 (ou MS6) puis les MS7 révèleront J. Stewart, J. Ickx, J-P. Jaussaud, J-P. Beltoise, J. Servoz-Gavin, …

La Matra MS5, Une polyvalence aujourd’hui totalement inimaginable !

Deux exemplaires de MS5 modifiés, propulsés par des moteurs Ford Cosworth (FVA L4), sont engagés par Matra Sports au GP de F1 de Monaco en 1967. J-P. Beltoise (non qualifié pour le GP) et J. Servoz Gavin (Abandon) étaient au volant pour cette 1ere apparition du constructeur Français en F1. L’aventure Matra en F1 durera jusqu’à la fin de la saison 1972, avec un point d’orgue la saison 1969 et la consécration avec les titres « constructeur » pour Matra et « pilote » pour son pilote Ecossais Jackie Stewart.

Matra essaie de trouver sa place sur le marché des voitures de sport et lance sa « 530 », le premier modèle de son histoire (Les « Djet » et « Jet » étaient des conceptions DB -Deutsch-Bonnet). La « 530 » sera produite à 9609 exemplaires entre 1967 et 1973, loin, très loin, des ambitions de la marque. Le 1er succès commercial de Matra viendra avec la Bagheera, l’original coupé aux trois places avant produit entre 1973 et 1980.

La Matra 530, un coupé 2+2 sportif à la ligne singulière

Ligier … Le début d’une belle histoire

C’est en 1969 que Guy Ligier décide de se lancer dans la construction automobile et crée sa propre marque. La Ligier JS1, 1ere création du constructeur Vichyssois, est présentée au Salon de Paris cette même année. La JS1, destinée à la compétition, doit rivaliser avec les Porsche, Alpine, Ford, … et autres Ferrari. Avec une production limitée (3 exemplaires seulement), la JS1, aux performances proches de celles des GT de série, est catégorisée « Prototype » et ne peut pas, sur le plan des performances, rivaliser avec ses concurrentes directes dans cette catégorie. Les modifications à apporter sont trop importantes … La JS1 laisse sa place à la JS2.

Ligier produit, entre 1971 et 1975, un coupé sportif propulsé par des V6 Ford (2.6 litres rapidement abandonné en raison de difficultés de livraison rencontrées par Ford) et Maserati (3.0 litres 170, 195 et 220cv). Avec La JS2, Ligier fait son entrée sur le segment des constructeurs de voitures de sport.

Le succès commercial de la JS2 (86 exemplaires produits) ne sera, malheureusement, pas au rendez-vous … C’est en compétition (Rallye et Circuit) qu’elle acquerra sa notoriété.

 (*) Peter Kirwan-Taylor rencontre Colin Chapman et se lie d’amitié avec le fondateur de Lotus qui est impressionné par sa créativité et son coup de crayon. Peter Kirwan-Taylor conçoit la Lotus Type 14 Elite (1957-1962), une voiture (de sport et de course) révolutionnaire qui propulse Lotus sur le devant de la scène internationale. Suivront d’autres réalisations : La Lotus 18 (monoplace de course), les Types 23 et 26, la Lotus Elan, …. Peter Kirwan-Taylor travaillera, dans les années 50 et 60 aux cotés de Colin Chapman, au développement et à la gestion de la marque Lotus. La Citroën « Bijou » est sa dernière création.

 Crédit photo : ©patrickpaillon (Le Mag Sport Auto / Le Mag Auto-Prestige)

Article publié le 30/04/2026 à 5h32

"Passionné d'Automobiles, de Sports Mécaniques et Pilote amateur. Rédacteur Le Mag Sport Auto et Le Mag Auto Prestige. Historique des marques et modèles"

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