Le tracé urbain du Madring est entré dans l’histoire de la F1 par la grande porte ce dimanche, devant un parterre record de 353 000 spectateurs amassés autour des infrastructures de l’IFEMA. Mais pour cette première édition de l’épreuve madrilène, la victoire a choisi son camp sur un coup du sort stratégique. Profitant d’un timing parfait lors d’une neutralisation, le jeune phénomène Kimi Antonelli s’est adjugé son huitième succès de la saison au volant de sa Mercedes. Le pilote de 20 ans devance Max Verstappen de plus de quatre secondes, tandis que le poleman Lando Norris, pourtant dominateur, doit se contenter d’une amère troisième marche sur le podium.
Un envol chaotique et l’abandon cruel de Hamilton
Dès l’extinction des feux, la tension était à son comble à l’approche du premier freinage. Partis depuis la première ligne, Kimi Antonelli et Max Verstappen manquent leur point de corde, tirant tout droit au virage 1 et forçant Lewis Hamilton à jouer des coudes. Alors que Norris conserve les commandes du Grand Prix, Hamilton ne tarde pas à demander que le Néerlandais rende sa position. Obéissant aux consignes de Red Bull, Verstappen consent à s’effacer au quatrième tour. S’inclinant devant le Britannique tout en laissant filer Antonelli au deuxième rang.
Cependant, les choses tournent rapidement au vinaigre pour l’Anglais de la Scuderia. En proie à des ennuis majeurs sur son système de freinage, Hamilton voit ses ambitions s’envoler brutalement deux boucles plus tard, contraint à un abandon prématuré dès le sixième tour.
La tuile virtuelle qui ruine le récital de McLaren
Rien ne semble, dès lors, pouvoir entraver la marche triomphale de Lando Norris. Solide leader, le Britannique gére son écart en tête avec l’assurance d’un prétendant au titre mondial, quand la course bascule au 14e passage. Trahi lui aussi par ses freins, Lance Stroll range son Aston Martin au niveau du virage 20, provoquant le déploiement immédiat de la voiture de sécurité virtuelle (VSC).
Pour Norris, le piège se referme à quelques mètres près. Alors que le pilote McLaren venait tout juste de dépasser l’entrée de la voie des stands lorsque la VSC a été activée. Derrière lui, Mercedes et Red Bull n’hésitent pas une seconde en engouffrant immédiatement Antonelli et Verstappen dans les stands pour effectuer un changement de pneus à coût réduit. Contraint d’effectuer sa halte un tour plus tard, combinée à une hésitation sur le changement de sa roue arrière droite, Norris ressort derrière ses deux rivaux. Un coup de masse dont le Britannique ne se relèvera pas.
Reconnaissant sur le podium, le vainqueur italien ne cachait la part de réussite qui l’a escorté jusqu’au drapeau à damier :
« C’était une course extrêmement délicate, loin d’être simple en matière de gestion des pneumatiques. C’est évidemment fantastique de l’emporter, mais je pense sincèrement que Lando méritait la victoire aujourd’hui. Nous prenons ces points avec plaisir et nous allons continuer à pousser. Le public a été incroyable tout au long du week-end, l’énergie des fans était folle et nous avons déjà hâte de revenir ici l’année prochaine. »
Leclerc tente le coup de poker, duel fratricide en fond de grille
Pour sa part, en choisissant de prolonger son premier relais sous la VSC, Charles Leclerc s’emparait de la tête de l’épreuve au 15e tour, espérant une nouvelle neutralisation en fin de course pour valider sa stratégie décalée. Cependant, l’opportunité ne se présentait pas pour le Monégasque, contraint de rentrer chausser des pneus neufs au 49e tour pour finalement rallier l’arrivée au 4e rang, juste devant George Russell.
Charles 🗣️ »We extracted the most we could out of our race. Now we take a break and reset ahead of the next round in Baku, a track I’ve always enjoyed racing on in the past. »
Wrapping up the first weekend at Madring 🇪🇸
— Scuderia Ferrari HP (@ScuderiaFerrari) September 13, 2026
En fond de peloton, le public espagnol aura assisté à une explication musclée entre ses deux héros locaux. En lutte pour la position à l’approche du virage 5, Carlos Sainz et Fernando Alonso se sont accrochés au freinage. Sanctionné de cinq secondes de pénalité pour cet incident, l’enfant du pays Sainz était finalement sommé d’abandonner au 46e tour. Une fin de journée maussade pour le clan ibérique, au milieu d’un spectacle urbain qui aura pleinement conquis les passionnés autour de la spectaculaire courbe de La Monumental.
Retrouvez le classement complet de l’épreuve sur Le Mag Sport Auto :
Article publié le 14/09/2026 à 6h05




