Carlos Ghosn, la fin d'un mythe chez Renault-Nissan

Carlos Ghosn, la fin d’un mythe chez Renault-Nissan

Depuis 1996, Carlos Ghosn faisait des miracles chez Renault, puis chez Nissan et même chez Mitsubishi depuis 2016. « Mr Fix It » voit son aventure prendre fin brutalement après son arrestation au Japon pour « fraude fiscale ». C’est la fin d’un règne long, ce qui est assez rare dans le milieu, et d’une personne qui a su redresser différentes entreprises avec des méthodes parfois radicales. Son héritage pourrait également voler en éclats. De multiples scenarii sont possibles. Alors, est-ce la fin de l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi ?

Carlos Ghosn, de héros à ennemi à abattre.

Avec quelques raccourcis, c’est ce qu’on pourrait résumer de la carrière de Carlos Ghosn chez Renault, puis Nissan. Au Japon, celui qui était vu comme un héros national au point d’avoir un manga en son hommage, était visiblement passé au statut de paria. Depuis son arrestation, hier, l’idée d’un complot orchestré par certaines personnalités de Nissan, fait surface. C’est une piste très probable. En effet, les sportifs, stars, patrons et politiques sont très nombreux à faire différents montages financiers pour « gagner encore plus ». Peu se font prendre la main dans le sac. Encore moins pendant leur mandat. Alors, une « aide extérieure » aurait pu mettre la justice japonaise sur la piste Carlos Ghosn.

Ce scénario semble envisageable d’autant plus que Hiroto Saikawa, le directeur général de Nissan, avait visiblement envie de faire évoluer les choses et de redonner plus de liberté à Nissan. Car, si l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi avait su passer devant VAG et Toyota au rang de n°1 mondial, différents projets étaient à l’étude sur l’évolution de cette alliance. Des projets pas en faveur du minimum d’indépendance qu’il restait à Nissan. Ainsi, celui qui était là depuis bientôt 20 ans, devenait plus gênant qu’autre chose. La chute de popularité aidant, différentes voix se soulevant, Carlos Ghosn devenait un « problème à régler ». C’est un peu ce qu’on peut se dire à la suite de cette rocambolesque affaire.

Chez Renault, c’est un binôme français qui a été nommé. Philippe Lagayette et Thierry Bolloré (cousin de Vincent) se partageront donc la tête de l’entité française. A savoir que Thierry Bolloré était devenu le n°2 de Renault depuis le début de l’année. D’ailleurs, il se murmure qu’en France aussi on souhait préparer « l’après-Ghosn » et ce, de concert entre Thierry Bolloré et l’État (actionnaire de Renault). Chez Nissan, on imagine aisément que c’est Hiroto Saikawa qui prendra la suite du célèbre patron libano-brésilo-français.

En tout cas, cette affaire est mauvaise pour le groupe. Les actions chutent pour toutes les marques du groupe. De plus, cela donnera une mauvaise image pour les mois à venir à l’entreprise. Enfin, les salariés risquent de devenir des victimes collatérales si ce « coup d’état » a de trop grosses répercutions sur les ventes. En tout cas, c’est un dossier à suivre de près !

Carlos Ghosn, un monstre sacré magicien du redressement.

S’il est chez Renault depuis plus de 20 ans, ce n’est pas pour rien. De même, s’il a de multiples casquettes, ce n’est pas pour rien non plus. Il aura réussi à redresser Renault, puis Nissan, en quelques années seulement. Ainsi, Carlos Ghosn est encore officiellement simplement (à l’heure actuelle) Président-directeur général du groupe Renault depuis 2005. Il est aussi Président du conseil d’administration de Nissan après en avoir été le PDG pendant 7 ans. Il est également Président du conseil d’administration du groupe Mitsubishi Motors. Bien sur, il était aussi le PDG de l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi. Il n’y a qu’en Russie où il n’était plus PDG de Lada-AvtoVAZ depuis 2016.

Alors, voici quelques dates clés qui retracent l’ascension de Carlos Ghosn dans le monde de l’automobile et chez Renault :

  • 1978-1996 : Évolution au sein du groupe Michelin jusqu’au poste de PDG de Michelin Amérique du Nord.
  • 1996 : nommé directeur général adjoint chez Renault.
  • 1997 : il fait déjà faire des bénéfices à Renault.
  • 1999 : il gère la prise de participation de Renault chez Nissan avant de former l’Alliance Renault-Nissan.
  • 2001 : il devient le 4e étranger à être nommé PDG d’un constructeur automobile japonais.
  • 2004 : Nissan, au bord de la faillite en 1999, devient l’un des constructeurs automobiles les plus rentables au monde.
  • 2005 : nommé (par l’État français) PDG de Renault en plus de ses fonctions de PDG de Nissan. Une première.
  • 2008 – 2014 : rapprochement et rachat du groupe Lada-AvtoVAZ, numéro 1 russe.
  • 2010 : il lance « Drive the change » pour s’orienter vers les véhicules électriques et augmenter les ventes de Renault et Nissan.
  • 2016 : il devient le Président du conseil d’administration de Mitsubishi Motors.

Carlos Ghosn avait aussi participé au renouveau d’Alpine !

Avec la fin du règne de Carlos Ghosn, il sera très intéressant de voir ce que réserve l’avenir pour Renault-Nissan et Mitsubishi. Une délusion est possible mais reste délicate. En tout cas, cette surprenante affaire va faire parler d’elle encore de longs mois et aura de réelles conséquences sur la santé du groupe.

1 Comments

  1. Je suis convaincu que c’est une trahison montée de toute pièce par ce japonais.
    Pour ma part je n’acheterai plus jamais de produits japonais.c’est une honte cette affaire.

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